La tendance du bio dans la production française du vin
Le terme générique « bio » regroupe aujourd’hui de nombreuses tendances allant des vins issus de l’Agriculture Biologique conventionnelle (AB), jusqu’aux vins dits « nature » en passant par les vins sans sulfites, les vins vegans, et bien sûr les vins biodynamiques.
Entre 2007 et 2015, les surfaces viticoles certifiées bio sont passées de 14600 à 57600 hectares auxquels il faut ajouter 11 000 ha en conversion, soit 8,7% du vignoble français. 11 Sur cette même période, la consommation des ménages pour les vins bio a augmenté de 41%12 en contournant en partie les circuits classiques de distribution.
Une consommation en hausse en France
L’agriculture biologique (AB) représente en 2017 10,8% de l’emploi agricole et 5,7% de la surface utilisée. 24% des exploitations en agricultures biologiques sont spécialisées dans les productions viticoles. De plus, selon une étude de l’Agence Bio en 2016, le vin représente en valeur le poste d’achat des ménages en produits biologiques le plus important (792 millions), devant les légumes frais (626 millions), et le lait (483 millions).
Concernant la consommation des vins bios, celle-ci augmente aussi chaque année de près de 20% depuis 2010, alors même que la consommation de vin en volume en France a baissé, notamment à cause de la législation et des campagnes de prévention contre les dangers de l’alcool.
Si l’on regarde les chiffres de l’export il apparaît qu’en 2018, le vin bio représente 46% des vins exportés. On peut même le comparer à tous les autres produits AB vendus à l’étranger : le vin bio en représente les deux tiers.
Une distribution encore très spécialisée
Même si la consommation des vins bio augmente, elle reste encore plutôt réservée aux connaisseurs qui savent où trouver l’offre, puisqu’elle n’est pas encore très bien représentée dans les grosses structures de distribution.
Les grands acteurs du marché, notamment la grande distribution et les principales chaînes de cavistes (Nicolas avec 500 points de vente, Repaire de Bacchus, …) ne semblent pas s’intéresser aux nouvelles tendances qui mettent en avant la conscience environnementale. Il faut pourtant noter que 77% des consommateurs de vin achètent leur vin en grande distribution.
Seul grand acteur se positionnant sur ce créneau, avec 31 points de vente dont 25 en France, BiboVino, le spécialiste du bag-in-box, vend des vins tous issus de l’agriculture raisonnée, dont un choix en bio et biodynamie. Dans la même veine, certains sites de ventes en ligne se spécialisent sur ce segment comme par exemple Vinscheznous.com qui ne vend que du vin issu du bio, de la biodynamie ou du nature. En résumé, on retiendra que l’offre en bio et plus précisément en biodynamie reste réservée à des consommateurs avertis qui se rendent chez des cavistes spécialisés ou achètent directement au domaine.
La distribution choisie par les vignerons : l’exemple alsacien
Le fait que la grande distribution ne mette pas encore en avant les nouvelles tendances des vins bio et biodynamiques est aussi liée en partie à un choix des producteurs. C’est ce qu’on peut constater en Alsace par exemple chez certains vignerons.
L’étude sociologique sur la cohérence des comportements professionnels chez les viticulteurs biologiques alsaciens réalisée par Jean Nizet, Denise Van Dam et Marcus Dejardin, révèle que la plupart des vignerons alsaciens préfèrent « ne pas recourir à des négociants […] et refusent de commercialiser leurs vins en grande surface ». Ce choix est justifié d’une part par la volonté de limiter les intermédiaires entre les producteurs et le consommateur final et d’autre part de conserver un maximum de marge sur les ventes. C’est ce qu’offre par exemple Les Grappes en permettant aux vignerons de vendre leur vin en direct producteur à toute une communauté de particuliers et de professionnels via une plateforme en ligne.
En dépit d’une offre de vins biologiques et biodynamiques très réduite dans les circuits de grande consommation, les vignerons s’organisent autrement pour proposer leur produit à la vente. Tout d’abord ils ne craignent pas une concentration des vignerons de cette catégorie dans une même région, mais la voient plutôt comme un atout : « Pour moi, toute l’Alsace peut passer à la culture bio. Ça ne me gêne pas. Au contraire : ça me ferait même plaisir. Parce que vous avez un environnement préservé ; et puis aussi l’aspect économique, vous avez une formidable image de marque » (Source : Jean Nizet, La cohérence des comportements professionnels et privés chez les viticulteurs biologiques alsaciens, 2008).
Edouard Rapp
Connaissez-vous Petites Caves ? Un site qui se trouve être LA référence du vin nature !
Et pour découvrir des vins qui sortent de l'ordinaire et bio ou des vins pépites à découvrir, rendez-vous sur le site Vins Etonnants !
Les dernières nouveautés
Les cuvées fraîchement arrivées en cave