Le système français d'appellation des vins
L’intensification de la mondialisation implique le développement d’une concurrence internationale féroce, réglementée dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce. La libéralisation totale des échanges, exprimée lors des sommets de Marrakech, Cancun et Doha, se heurte.
La genèse de la première Appellation d’Origine
L’Appellation d’Origine est née au début du 20ème siècle. La crise du phylloxéra de 1880 avait profondément endommagé la production de vin dans le pays, et les « vins » de substitution falsifiés produits en mélangeant jus de fruits, colorants, acide tartrique et alcool étaient vendus dans tout le pays pour satisfaire la demande. En réaction à cette crise, l’appellation « Vin Naturel » a été créée, définissant le vin obtenu par fermentation des raisins. Cette définition, ainsi que l’apparition des premières IG, visait principalement à lutter contre la fraude. La ligne de démarcation entre les IG et les normes pour la production de produits alimentaires est alors ténue. Néanmoins, la pression constante des organisations professionnelles sous l’effet de crises successives (1911, 1913) conduit le pouvoir politique à définir légalement des zones géographiques selon des normes de production « locales, loyales et constantes ». De nombreux fromages et vins obtiennent des AOC au cours du premier quart du siècle.
Bientôt, le besoin de fédérations organisées de producteurs s’est fait sentir. L’INAO (Institut National des Appellations d’Origine), créé en 1935, a pour mission d’organiser la production vers une réputation collective et d’aider les producteurs à la protéger (Capus, 1937).
Dans les années 1970, alors que le développement du marché vitivinicole européen s’intensifie, des mesures qualitatives sont nécessaires pour organiser l’offre sur ce secteur. La notion de « Tipicité » semble distinguer et justifier les racines territoriales des différents produits. Les AOC défendent ce concept de tipicité, et sont principalement réservées aux régions en difficulté confrontées à des crises successives. Néanmoins, elles ne font référence à aucune norme de qualité. C’est un instrument de différenciation des vins, mais il ne vise pas à segmenter ou à classer les vins par leurs qualités intrinsèques (Casabianca, Sylvander et Al., 2005).
L’accent mis par le système d’AOC sur la qualité
Ce n’est qu’à partir de 1885 que le système AOC a commencé à se concentrer sur la qualité des produits. Le Ministère français regroupe l’ensemble des dispositions dans le cadre de la politique » signaux de qualité et origine « .
Gilbert Louis a écrit dans le rapport 2001 du Conseil économique et social :
“ Les signaux officiels de qualité et d’origine ne sont pas une réponse opportuniste récente à la segmentation du marché. Il s’agit d’une entreprise de longue haleine, commencée au début du XXe siècle, visant à doter la France d’instruments compétitifs, par qualité et par origine, au bénéfice des consommateurs, des producteurs et pour une meilleure organisation du territoire national. »
Le développement agricole français s’appuie sur l’initiative locale et la promotion de la qualité apparaît comme le meilleur outil de développement rural.
Les AOC deviennent plus multifonctionnelles à mesure qu’elles deviennent des signaux de qualité et les règles de production qu’elles impliquent sont souvent renforcées dans ce but.
Aujourd’hui, les AOC sont non seulement responsables de la qualité et du style constants de la production de leur vigneron, mais aussi de la protection de leur image, de leur statut et de leur nom au niveau national et international, comme en témoigne l’organe régulateur du Champagne : le CIVC.
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